mai 05, 2008

Voyage à Brobdingnag

1169602103.jpgCette année à Buenos Aires mes milongas ont été marquées par les grandes femmes...

En fait, je ne crois pas qu'il y ait eu de milonga sans que je danse avec une femme aussi grande ou plus grande que moi.

Sans être un géant, je mesure quand même 1m80 donc c'est une situation finalement plutôt rare.

Bizarrement danser avec une partenaire plus grande que soi c'est beaucoup plus difficile surtout dans une milonga bien remplie; avec l'amplitude du mouvement la moindre faute de guidage se traduit par un choc avec les autres danseurs. Mais comme dirait Austin Powers "J'aime vivre dangeureusement" ;-)

Cette année, j'ai eu parfois l'impression d'être Gulliver à Brobdingnag, d'autant plus que cette fois-ci j'ai partagé quelques agréables tandas avec d'immenses argentines.  

Alors c'est moi qui rapetisse ou ils mettent un truc dans la viande ?

avr 03, 2008

Baires snapshot 2008

Cela fait 4 ans que je retourne à Buenos Aires à peu près à la même période et pour la même durée. Comme cette durée ne dépasse pas trois semaines cela me donne une sorte de vision stromboscopique du tango portègne.

Par rapport à l'année dernière; j'ai eu la confirmation de la place toujours plus importante du tango nouveau, aussi bien commercialement que dans la danse. Avec l'impression de plus en plus claire qu'une génération de danseurs / profs / artistes s'inscrit dans le tango nuevo sans continuité avec les styles antérieurs.

Autre différence, j'ai vu pour la première fois des hommes danser entre eux au Canning, réciproquement les milongas gay se sont plus ouvertes aux populations hétéros. Un peu plus de tolérance, ça peut pas faire de mal. 

930429901.gifMais la différence la plus marquante reste l'évolution sensibles des codes des milongas

  • En 2007, sauf quelques exceptions, l'invitation au regard sinon le cabeceo était la règlepour tous argentins. Le seul endroit où j'avais constaté quelques écarts c'était la Viruta, certains danseurs allant demander directement à des femmes sans passer par l'étape regard. Sinon seuls les touristes procédaient autrement (sans succès d'ailleurs). 
  • En 2008, j'ai constaté de plus en plus d'exceptions parmi les danseurs argentins eux-mêmes. Cette année j'ai vu des argentins inviter directement au Canning et à Niño Bien. Ça reste marginal, mais jusqu'alors je ne l'avais pas vu dans ces milongas.

J'imagine qu'une des raisons de ce changement est la présence de plus en plus de touristes que ne réagissent pas au cabeceo, la loi du moindre effort finissant par prendre le dessus.

Relâchement ou assouplissement ? C'est une question de point de vue... Plus factuellement c'est une évolution.

Et sans évolution il n'y aurait pas de tango nouveau, non ? Donc en ce qui me concerne, tant qu'il y a du partage et du respect tout va bien...

Le seul problème c'est que les danseurs portègnes n'ont pas encore appris à gérer correctement le refus.

Exemple vécu par une amie : un danseur argentin lui demande directement si elle veut danser, comme elle ne voulait pas elle lui répond une excuse classique genre "je me repose merci". Le type est revenu un peu après vraiment vexé pour lui dire que ça n'allait pas du tout et qu'elle pouvait pas le refuser comme ça. C'est resté cordial mais le gars était persuadé que ça ne se faisait pas.

Résultat : le respect de l'autre dans l'invitation et son refus qui était culturellement géré par le cabeceo prend du plomb dans l'aile.... Et pas mal de danseuses m'ont rapporté qu'elles trouvaient les milongas de plus en plus agressives.

Effet secondaire intéressant de l'impulsion touristique sur le code d'invitation, je me suis fait inviter par des femmes une milonga sur trois. En fait dès que la proportion homme/femme est déséquilibrée au-delà d'un certain point les femmes se mettent à inviter. C'était principalement des touristes mais cela ne m'était jamais arrivé auparavant.

En fin de compte il y a une forme de parallèle entre ses deux comportements qui peut se résumer ainsi : "si je suis trop frustré(e) alors je ne respecte plus le code pour forcer l'invitation". On va voir comment ça évolue, ça va être intéressant...  Mais c'est sûr que si le respect ne vient plus contre-balancer l'asymétrie de la relation les milongas vont certainement devenir de plus en plus agressives.   

mar 18, 2008

Tango Geek

Un des rares trucs qui me frustrent dans le tango c'est que c'est pas hi-tech.

Pas de wifi, pas de bluetooth, pas de gadgets électroniques... Non, juste un homme, une femme et de la musique.

On a besoin de rien, ça peut sûrement se danser tout nu (faudra que j'essaie).

Bref si un jour l'humanité régresse à l'âge de pierre on pourra encore danser le tango.

Et la musique me diriez vous ? 
Certes le tango électro ça demande un minimum d'électricité mais dans la plupart des cas on préfère les enregistrements bien rapeux où on entend le gratouillis des aiguilles sur la cire, moins c'est technologique et meilleur c'est...

Ainsi, je me désespérais dans ma vie de milonguero low-tech jusqu'à...

... Ce que je tombe sur une pub pour les 2x4alpie !

Enfin une avancée technologique dans cet univers préhistorique !

Il s'agit de chaussures de tango dont il est possible de changer la semelle en fonction de la danseuse du sol et de son type de danse.

1748963093.JPG

La semelle de la chaussure comporte une semelle amovible grâce à un système de velcro spécial.  On a le choix entre cuir classique, cromo ou caoutchouc. Les chaussures sont livrées avec les trois types de semelles (on les voit entourées en rouge sur la photo). Les modèles sont plus design et plutôt réussi par rapport à la moyenne à mon goût.

Évidemment, en bon geek, j'ai pas pu résister, j'en ai pris une paire. Ça marche plutôt bien et les chaussures sont de bonne qualité.

C'est plutôt amusant de pouvoir adapter ses chaussures, ça fait un peu golf dans le genre "Milonga Florida, parquet en châtaigner, Di Sarli, grande danseuse, vent latéral gauche... Je conseille un 43 en cromo  mais avec un vent de face et un Tanghetto mieux vaut un 43 gomme". 
Le problème c'est si le vent ou l'orchestre change durant la tanda... 

C'est quand même rafraîchissant un peu de technologie ;-)

Amis designer et ingénieurs voici quelques nouvelles idées pour réconcilier le tango et le hi-tec :

  • Système de signalisation à base de puce RFID pour remplacer le cabeceo ,
  • Siège éjectable pour mauvais DJ,
  • Le top : chaussure à impulsion électrique automatique pour les "123" de la milonga traspie,
  • Air bag antichoc sur les talons aiguilles,
  • Robe à poignée intégrée pour faciliter le guidage ....

Rien que des trucs essentiels !

mar 13, 2008

C’est la cata, la cata, la Catedral !

Ce que j’aime bien quand je reviens à Buenos Aires c’est que ça me permet de revoir des amis.

Je suis donc passé voir Mlle M. et Sr D. tous deux milongueros confirmés (1/2 finalistes championnat du monde de Tango Salon, sélection Argentine quand même).

L’occasion d’échanger sur le tango, les milongas, l’Argentine vu du point de vue portègne (cf milonga escondida)…

A force de parler de tango ça donne envie d’en danser, donc après le repas nous nous rendons à la milonga la plus proche à savoir La Catedral , où mes amis n’avaient pas remis les pieds depuis très longtemps.

Par rapport à l’année dernière ça a bien changé

On arrive en pleine classe de tango pré-milonga débutant, pas mal de gens en train de manger, et peu de danseurs mais rien vraiment inquiétant en début de soirée.

Le cours se termine et la « milonga » commence :

La musique n'est franchement pas terrible, la hi-fi qui crashe toutes les minutes, le son est hyper faible…
Sr D. va voir le DJ pour qu’il augmente le volume, il s’avère que ce n’est pas un DJ mais juste le prof de la classe qui met des disques (sic).
Le volume remonte un peu et mes amis se lancent au milieu des quelques débutants du cours en train de pratiquer.

Et là... La tanda s’arrête net

Rentrent sur la piste trois danseuses qui entament une sorte de spectacle, genre danseuses de mambo avant guerre, bizarre...

Le numéro se termine, et la « milonga » reprend : 

Le moins qu’on puisse dire c’est que la salle ne se remplit pas.  Mlle M.et Sr D. se lancent à nouveau sur la piste, donnant l’occasion aux touristes présents de découvrir ce que c’est vraiment que le tango argentin.
Ensuite, con permiso, j’invite Mlle M. pour une tanda.

Et là… une fois de plus la tanda s’arrête net.

Rentrent sur la piste les trois précédentes danseuses, cette fois-ci dans des déguisements sado-maso(genre la crampe de Pulp Fiction), elles entament un numéro de danse (moderne) en jouant avec les tables.
Honnêtement j’ai pas tout compris et malgré le retour des décibels, je me suis endormi quelques secondes.

Après ça, je dois avouer qu’on s’est enfuis lâchement tel Butch sur la Harley Davidson de Zed, abandonnant là les touristes aux égéries sado-maso.

1234334514.jpg

 

 

 

En conclusion, amis milongueros La Catedral mérite un large détour

Seule consolation de la soirée, cette belle tanda avec Mlle M. ... Gracias Mademoiselle !

PS : il semblerait que de temps en temps une véritable milonga soit organisée à la Catedral, à surveiller sur les flyers dans les autres milongas.

mar 09, 2008

Ir y volver

337529847.jpg1218197918.jpg

Avant même d'avoir pu l'écrire, ça y est  je suis déjà de retour de mon pèlerinage Paris-Buenos Aires annuel...

Et non ce blog n'est pas mort !

Il est vrai qu'après un début d'année laborieux où le peu de temps libre s'est converti en danse plutôt qu'écriture je pensais avoir le temps de ranimer Milongabox à Buenos Aires...

Mais impossible d'y accéder depuis les locutorios donc c'est parti pour une série de notes apocryphes sur ce petit séjour.

Qu'on se rassure il y a eu du tango, du tango et encore du tango (un peu de milonga traspie aussi) !

Une fois de plus mes envies de découvertes touristiques extra-portègnes se sont évanouies dans la nuit des milongas...

De vraies vacances de milonguero quoi ;-)

fév 20, 2007

Retour vers l'enfer

D'accord, j'exagère... Mais ça y est ! Après 14 jours passe dans l'été portègne c'est le retour a la dure réalité parisienne (et au clavier avec accents)

"Ding dong, c'est le commandant qui vous parle, nous amorçons notre descente sur paris, il y a du brouillard et il fait 6 degrés...",  Argh...

medium_metroboulotdodo.gifJe vous passe les trois heures de retard, les bagages paumés (merci Air France !), un petit coup de RER et me revoici dans le quotidien metro, boulot et gros dodo...

Ca fait un peu mal, mais après tout c'est ce quotidien là qui permet de financer ces vacances là ;-) 

Un petit bilan quantitatif de ce séjour :

  • 50 heures de cours
  • 13 pratiques
  • 20 milongas 
  • 4 kilos de bife de chorizo, cordero patagonico et achuras diverses
  • 2 paires de chaussures (commandées à DNI, elles arrivent en avril)
  • 30 CDs de tango (si mes bagages arrivent...)

Plus qualitativement :

  • Découverte des pratiques de Tango Nuevo Villa Malcom (Cordoba y Thames) et Pratica X (Anchorena 641) avec de très bons moments dans ces pratiques
  • De belles tandas à Niño Bien et à La Catedral (et oui ça avait réouvert)
  • Une belle désorientation d'une touchante débutante irlandaise à La Confiteria Ideal (je sais c'est trop facile ;-)
  • Découverte de La Calecita, une des milongas en plein air, super agréable
  • Une révision complète sur le guidage des tours complexes, colgadas, volcadas, llevadas et travail approfondi sur les changements de niveau et leur utilisation en guidage
  • La réponse qui tue dans une pratique où j'avais demandé à une très bonne danseuse comme elle trouvait mon guidage : "C'est pas mal mais ta conduite elle manque de consistance et peut-être qu'il faudrait que tu suives le rythme aussi" (Note pour le futur : Ne jamais plus poser de questions dont je n'ai pas envie d'entendre les réponses)
  • Une super soirée de discussion tanguera avec M. D. et Mlle M.
  • J'ai bronzé !
  • mais j'ai toujours pas réussi à aller en Uruguay 

Bref, comme on dit ça aurait pu être pire !

fév 17, 2007

Ivre de tango et de femmes

Bon, d'accord beaucoup un peu de Malbec et de nombreuses quelques Quilmes aussi...

Quand j'etais petit et qu'on allait a la mer avec ma famille je passais toute la journee a jouer dans le ressac, a me laisser porter par le flux et le reflux des vagues. Donc le soir je me couchais avec l'impression d'etre toujours dans le mouvement de balancier marin.

Hier j'ai pris deux cours de 1h30, j'ai fait une premiere pratique de 2 heures au Studio DNI puis une autre de 2 heures a la Villa Malcom avant de finir la nuit au Salon Canning, en tout j'ai du danser plus de 11 heures. Je n'ai pas compte les danseuses mais on doit approcher d'une quarantaine.

Resultat : je me suis endormi avec l'impression de me balancer au rythme d'un tango et d'avoir une femme dans les bras...!?

fév 10, 2007

Une frite, une fois !

A Buenos Aires, il n'y a presque aucune milonga ni pratique ou l'on ne serve pas a manger.

Et les portegnes, franchement ils y mangent. C'est plutot du robuste avec de bonnes odeurs de barbecue (parilla) ou de friture pour les milanesitas et autres empanadas.

C'est assez bizarre mais on finit par trouver normal de danser dans une odeur de frites (apres tout la friture dans les guinguettes c'est pas nouveau).

Parfois c'est un peu decale comme hier soir a La Catedral : ambiance super branche-underground, musique a l'avenant, tous les papes du tango nouveau sont la, les filles sont plus belles et elegantes les unes que les autres et ca sent ... la frite !

Un des trucs interessant dans le tango c'est qu'on va danser avec son parfum et qu'on rentre se coucher avec celui d'une autre, ben la je suis rentre avec Mlle Lessieur

fév 06, 2007

Como se cambìa la vidad

Et oui, les choses changent...

Ce qui est amusant quand on revient au meme endroit a intervales reguliers, c'est qu'on constate les changements doucement mais surement.

Je voudrais pas trop generaliser apres quelques milongas et pratiques mais j'ai quand meme la sensation de certaines evolutions a Buenos Aires par rapport aux annees precedentes.

Tout dabord le Tango Nuevo est beaucoup plus present, il n'y a quasiment pas un soir sans une pratique ou une milonga pur Tango Nuevo, et franchement c'est un vrai regal.
Des salles jeunes, avec un niveau de folie aussi bien en technique qu'en creativite, ca me donne vraiment l'impression que le tango nuevo passe d'un monde experimentale a la vrai vie et en grand, bref ca respire !

Bon, jusque la vous pourriez me dire que j'ai rate les bons endroits les annees precedentes et c'est probablement le cas, mais le fait que j'y sois aller aussi facilement cette annee demontre quand meme que c'est moins confidentiel qu'avant.

Par contre j'ai remarque une "diffusion" du Tango Nuevo dans les milongas classiques. Prenons le Salon Caning : il y a un an seul quelques couples de touristes se laissaient aller a quelques envolees nuevo, ils s'arretaient en general rapidement devant la sensation de decale pour ne part dire deplace de leur prestation.

Cette annee j'ai vu beaucoup plus de couples se laisser aller et pas specialement des touristes.

En fait c'est assez subtil, il y a toujours un ou deux couples qui dansent milonguero mais avec une expression, un rythme et de figures qui fleurtent clairement avec le Tango Nuevo. Ils dansent fermes, en gardant leur place dans le bal mais avec un style nuevo notamment dans quelques incursions sur le cote ferme, dans les oppositions et dans une musicalite plus energique. En fait j'ai l'impression qu'est en train de se creer un style "Tango Nuevo Salón" qui serait un adaptation implicite du Tango Nuevo aux contraintes du salon.

Ce qui est aussi interessant que cette evolution technique et stylistique c'est l'acceptation de ce style plus generalement. Pour tout dire j'ai vu un couple portegne danser de cette maniere a "El Beso", qui est pourtant un des temples du Milonguero a Buenos Aires (donc au monde ;-), sans declencher une desaprobation generale.

Cette diffusion se ressent aussi dans les modes vestimentaires et l'attitude globalement plus cool qu'on peut percevoir. Il y a trois ans je crois me souvenir que tous les danseurs de "El Beso" portait une chemise, un homme serait venu en tee-shirt n'aurait jamais pu inviter qui que ce soit... Et je suis sur que l'avis general aurait ete que cette recherche vestimentaire etait un signe de respect pour les cavalieres. Et bien aujourd'hui ce n'est plus le cas, le code vestimentaire a largement evolue. 

Je vous laisse conclure et developper : "Tout fout le camp ma bonne dame !" ou "Place aux jeunes !", c'est selon mais une chose est sûre le tango est "alive and kicking", pourvu que ca dure ;-)

fév 03, 2007

Les sangliers ont du manger quelque chose...

Ca fait quand meme du bien un peu d'ete en fevrier...

Arrivee a Buenos Aire par 35 degres, c'est un bon debut.

Par contre la reprise c'est moins brillant :

  • 2h30 de practica au studio DNI
  • 1h30 de cours a Tango Brujo

J'ai l'impression de ne plus savoir danser, eh oui patadura a Buenos Aires, il faut vraiment guider, se tenir droit... En plus ca fait presque deux mois que je ne danse plus tellement.

Aller, on garde le moral et on met ca sur le compte de la fatigue, de la chaleur, des chaussures, du kilo de bife de chorizo de ce midi, et surement des partenaires, apres tout !

Ce soir Villa Malcom, ca va chauffer.

Hardi petit la France te regarde, et si je reste sur le meme niveau je me fais passer pour une autre nationalite ;-)