avr 03, 2008
Baires snapshot 2008
Cela fait 4 ans que je retourne à Buenos Aires à peu près à la même période et pour la même durée. Comme cette durée ne dépasse pas trois semaines cela me donne une sorte de vision stromboscopique du tango portègne.
Par rapport à l'année dernière; j'ai eu la confirmation de la place toujours plus importante du tango nouveau, aussi bien commercialement que dans la danse. Avec l'impression de plus en plus claire qu'une génération de danseurs / profs / artistes s'inscrit dans le tango nuevo sans continuité avec les styles antérieurs.
Autre différence, j'ai vu pour la première fois des hommes danser entre eux au Canning, réciproquement les milongas gay se sont plus ouvertes aux populations hétéros. Un peu plus de tolérance, ça peut pas faire de mal.
Mais la différence la plus marquante reste l'évolution sensibles des codes des milongas :
- En 2007, sauf quelques exceptions, l'invitation au regard sinon le cabeceo était la règlepour tous argentins. Le seul endroit où j'avais constaté quelques écarts c'était la Viruta, certains danseurs allant demander directement à des femmes sans passer par l'étape regard. Sinon seuls les touristes procédaient autrement (sans succès d'ailleurs).
- En 2008, j'ai constaté de plus en plus d'exceptions parmi les danseurs argentins eux-mêmes. Cette année j'ai vu des argentins inviter directement au Canning et à Niño Bien. Ça reste marginal, mais jusqu'alors je ne l'avais pas vu dans ces milongas.
J'imagine qu'une des raisons de ce changement est la présence de plus en plus de touristes que ne réagissent pas au cabeceo, la loi du moindre effort finissant par prendre le dessus.
Relâchement ou assouplissement ? C'est une question de point de vue... Plus factuellement c'est une évolution.
Et sans évolution il n'y aurait pas de tango nouveau, non ? Donc en ce qui me concerne, tant qu'il y a du partage et du respect tout va bien...
Le seul problème c'est que les danseurs portègnes n'ont pas encore appris à gérer correctement le refus.
Exemple vécu par une amie : un danseur argentin lui demande directement si elle veut danser, comme elle ne voulait pas elle lui répond une excuse classique genre "je me repose merci". Le type est revenu un peu après vraiment vexé pour lui dire que ça n'allait pas du tout et qu'elle pouvait pas le refuser comme ça. C'est resté cordial mais le gars était persuadé que ça ne se faisait pas.
Résultat : le respect de l'autre dans l'invitation et son refus qui était culturellement géré par le cabeceo prend du plomb dans l'aile.... Et pas mal de danseuses m'ont rapporté qu'elles trouvaient les milongas de plus en plus agressives.
Effet secondaire intéressant de l'impulsion touristique sur le code d'invitation, je me suis fait inviter par des femmes une milonga sur trois. En fait dès que la proportion homme/femme est déséquilibrée au-delà d'un certain point les femmes se mettent à inviter. C'était principalement des touristes mais cela ne m'était jamais arrivé auparavant.
En fin de compte il y a une forme de parallèle entre ses deux comportements qui peut se résumer ainsi : "si je suis trop frustré(e) alors je ne respecte plus le code pour forcer l'invitation". On va voir comment ça évolue, ça va être intéressant... Mais c'est sûr que si le respect ne vient plus contre-balancer l'asymétrie de la relation les milongas vont certainement devenir de plus en plus agressives.
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mar 18, 2008
Tango Geek
Un des rares trucs qui me frustrent dans le tango c'est que c'est pas hi-tech.
Pas de wifi, pas de bluetooth, pas de gadgets électroniques... Non, juste un homme, une femme et de la musique.
On a besoin de rien, ça peut sûrement se danser tout nu (faudra que j'essaie).
Bref si un jour l'humanité régresse à l'âge de pierre on pourra encore danser le tango.
Et la musique me diriez vous ?
Certes le tango électro ça demande un minimum d'électricité mais dans la plupart des cas on préfère les enregistrements bien rapeux où on entend le gratouillis des aiguilles sur la cire, moins c'est technologique et meilleur c'est...
Ainsi, je me désespérais dans ma vie de milonguero low-tech jusqu'à...
... Ce que je tombe sur une pub pour les 2x4alpie !
Enfin une avancée technologique dans cet univers préhistorique !
Il s'agit de chaussures de tango dont il est possible de changer la semelle en fonction de la danseuse du sol et de son type de danse.
La semelle de la chaussure comporte une semelle amovible grâce à un système de velcro spécial. On a le choix entre cuir classique, cromo ou caoutchouc. Les chaussures sont livrées avec les trois types de semelles (on les voit entourées en rouge sur la photo). Les modèles sont plus design et plutôt réussi par rapport à la moyenne à mon goût.
Évidemment, en bon geek, j'ai pas pu résister, j'en ai pris une paire. Ça marche plutôt bien et les chaussures sont de bonne qualité.
C'est plutôt amusant de pouvoir adapter ses chaussures, ça fait un peu golf dans le genre "Milonga Florida, parquet en châtaigner, Di Sarli, grande danseuse, vent latéral gauche... Je conseille un 43 en cromo mais avec un vent de face et un Tanghetto mieux vaut un 43 gomme".
Le problème c'est si le vent ou l'orchestre change durant la tanda...
C'est quand même rafraîchissant un peu de technologie ;-)
Amis designer et ingénieurs voici quelques nouvelles idées pour réconcilier le tango et le hi-tec :
- Système de signalisation à base de puce RFID pour remplacer le cabeceo ,
- Siège éjectable pour mauvais DJ,
- Le top : chaussure à impulsion électrique automatique pour les "123" de la milonga traspie,
- Air bag antichoc sur les talons aiguilles,
- Robe à poignée intégrée pour faciliter le guidage ....
Rien que des trucs essentiels !
07:47 Publié dans C'est un métier..., Viajes et Voyages | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : chaussures, buenos aires, 2x4alpie, science |
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mar 13, 2008
C’est la cata, la cata, la Catedral !
Je suis donc passé voir Mlle M. et Sr D. tous deux milongueros confirmés (1/2 finalistes championnat du monde de Tango Salon, sélection Argentine quand même).
L’occasion d’échanger sur le tango, les milongas, l’Argentine vu du point de vue portègne (cf milonga escondida)…
A force de parler de tango ça donne envie d’en danser, donc après le repas nous nous rendons à la milonga la plus proche à savoir La Catedral , où mes amis n’avaient pas remis les pieds depuis très longtemps.
Par rapport à l’année dernière ça a bien changé…
On arrive en pleine classe de tango pré-milonga débutant, pas mal de gens en train de manger, et peu de danseurs mais rien vraiment inquiétant en début de soirée.
Le cours se termine et la « milonga » commence :
La musique n'est franchement pas terrible, la hi-fi qui crashe toutes les minutes, le son est hyper faible…
Sr D. va voir le DJ pour qu’il augmente le volume, il s’avère que ce n’est pas un DJ mais juste le prof de la classe qui met des disques (sic).
Le volume remonte un peu et mes amis se lancent au milieu des quelques débutants du cours en train de pratiquer.
Et là... La tanda s’arrête net.
Rentrent sur la piste trois danseuses qui entament une sorte de spectacle, genre danseuses de mambo avant guerre, bizarre...
Le numéro se termine, et la « milonga » reprend :
Le moins qu’on puisse dire c’est que la salle ne se remplit pas. Mlle M.et Sr D. se lancent à nouveau sur la piste, donnant l’occasion aux touristes présents de découvrir ce que c’est vraiment que le tango argentin.
Ensuite, con permiso, j’invite Mlle M. pour une tanda.
Et là… une fois de plus la tanda s’arrête net.
Rentrent sur la piste les trois précédentes danseuses, cette fois-ci dans des déguisements sado-maso(genre la crampe de Pulp Fiction), elles entament un numéro de danse (moderne) en jouant avec les tables.
Honnêtement j’ai pas tout compris et malgré le retour des décibels, je me suis endormi quelques secondes.
Après ça, je dois avouer qu’on s’est enfuis lâchement tel Butch sur la Harley Davidson de Zed, abandonnant là les touristes aux égéries sado-maso.

En conclusion, amis milongueros La Catedral mérite un large détour…
Seule consolation de la soirée, cette belle tanda avec Mlle M. ... Gracias Mademoiselle !
PS : il semblerait que de temps en temps une véritable milonga soit organisée à la Catedral, à surveiller sur les flyers dans les autres milongas.
06:06 Publié dans Viajes et Voyages | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : la catedral, buenos aires |
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mar 09, 2008
Ir y volver


Avant même d'avoir pu l'écrire, ça y est je suis déjà de retour de mon pèlerinage Paris-Buenos Aires annuel...
Et non ce blog n'est pas mort !
Il est vrai qu'après un début d'année laborieux où le peu de temps libre s'est converti en danse plutôt qu'écriture je pensais avoir le temps de ranimer Milongabox à Buenos Aires...
Mais impossible d'y accéder depuis les locutorios donc c'est parti pour une série de notes apocryphes sur ce petit séjour.
Qu'on se rassure il y a eu du tango, du tango et encore du tango (un peu de milonga traspie aussi) !
Une fois de plus mes envies de découvertes touristiques extra-portègnes se sont évanouies dans la nuit des milongas...
De vraies vacances de milonguero quoi ;-)
22:03 Publié dans Viajes et Voyages | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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fév 19, 2008
En deux bandes (deux fois)
Voici un bel exemple de doubles piropos indirects :
La semaine dernière je suis allé après le travail avec une partenaire au stage de milonga traspie de Matias.
Quelques jours après je tombe sur un de mes collègues qui me dit : "Je t'ai vu danser le tango du côté d'Oberkampf, en costard avec une super nana".
Permier piropo : je profite de l'occasion pour complimenter ma partenaire (super nana) en lui faisant part de sa remarque dans un petit mail.
Il faut savoir que le soir du cours nous étions allé ensuite danser à la milonga du rétro, où j'avais eu l'occasion de danser pour la première fois avec une de ses amies que nous appellerons Mlle A.
Le contre-piropo ne s'est pas fait attendre puisque super nana m'a envoyé le sms suivant : "ascenseur : Mlle A. m'a dit hier: qu's qu'il danse bien ton copain en costard !"
Pas mal comme trajectoire ;-)
Je me demande quand même s'il a pas un effet costard ?
22:13 Publié dans C'est un métier... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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