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janv. 28, 2007

Mi Buenos Aires Querido

Pas de post en décembre, pas de post en janvier... ca ressemble pas mal à un blog mort...?

Et pourtant non ! Bon les deux derniers mois ont été plutôt intenses professionnellement donc j'ai préféré passer le peu de temps restant à danser au lieu de blogger, d'où ce relatif silence.

La bonne nouvelle est arrivé par la poste :

medium_airplane.jpg

Et oui, dans moins d'une semaine je serai sur les pistes portègnes !

Que rico !

oct. 11, 2006

Comme si c’était la dernière fois...

Au printemps dernier, j’étais à Buenos Aires pendant le festival de tango de la ville.
C’était excellent, avec un public beaucoup plus authentique que pendant les festivals commerciaux qui regorgent surtout de touristes.

Le festival se clôture avec un bal en plein air qui a lieu en plein Buenos Aires dans l’avenue Diagonale qui part de l’Obélisque vers la Place de Mai.

Évidemment les orchestres et chanteurs invités sont de premier ordre. Pour la milonga c’est un joyeux bordel, des pistes s’improvisent au milieu de la foule et les gens dansent un peu partout.

Pour le coup c’est le mélange le plus total, des âges, des styles, des milieux sociaux… En clair ça brasse, avec cette sorte d’étincelle entre le tango et la foule portègne qui ne peut pas s’empêcher de danser.

Au milieu de cette foule j’ai vu arrivé un couple de petit vieux entourés de leur famille.
Franchement ils devaient avoir tous les deux au moins 80 ans. Ils paraissaient très vieux et très fragiles et chacun d’eux marchait avec une canne.

Et tout d’un coup, comme par magie, ils sont mis à danser.

Le monsieur a pris leur deux cannes dans sa main gauche qui enserrait aussi la main de sa femme et, bien appuyés l’un sur l’autre en pur style milonguero, ils ont dansé comme s’ils avaient retrouvé leur vingt ans. 

medium_petitefille.jpgC’était un bien petit couple perdu dans toute cette foule…

Ca m’a fait l’effet d’un de ces petits détails émouvants glissés par un peintre dans un immense tableau, un peu comme la petite fille lumineuse dans La Ronde de Nuit.

Il m’est aussi venu à l’esprit que vu leur âge et leur état de santé, il y avait beaucoup de chance pour qu’on ne les voit pas danser au prochain festival, comme ça dans la rue.

En fait, c’était même fort possible que se soit la dernière fois qu’ils dansaient ainsi tous les deux.

Et ça m’a fait réfléchir sur le fait que je ne vivais pas assez intensément les choses, ou du moins pas toujours avec l’intensité qu’elles mériteraient. 

Après tout, nous non plus on ne sait pas si ce n’est pas la dernière fois...

Après ça je me suis mis à étudier de plus près cette intensité de l’instant vécu au moins dans le tango.

Depuis, ce que je fais quand je trouve que je danse trop médiocrement ou que j’ai vraiment envie de transmettre mon émotion à ma partenaire, je me mets dans une posture mentale où je danse comme si c’était la dernière fois en essayant de vivre le plus pleinement possible chaque mesure, chaque pas et chaque contact de l’enlacement.

Et je laisse derrière moi toute les frustrations, les peurs, les mesquineries… un peu comme le nageur qui nage vers la bouée en oubliant qu’il doit garder des forces pour revenir.

De l’extérieur, c’est pas du tout spectaculaire ou même perceptible, mais de l’intérieur je ressens qu’il se passe quelque chose de beaucoup plus fort avec mes partenaires.

Comme si c’était la dernière fois… Ca vaut le coup d’essayer de temps en temps, non ?

août 23, 2006

Ma vie de taxi boy

Ma ressemblance avec un argentin fait partie des drames de ma vie.

D’accord, c’est relatif comme drame, après tout à quoi ça peut bien ressembler un argentin ?

D’autant qu’avant de ressembler à un argentin j’avais déjà été un mexicain basané (souvenir de music-hall de la cuisinière de ma grand-mère), turc, russe, breton, cubain et dernièrement un bandit calabrais (coquine va !).

Autrement dit : « On n’a jamais bien su d’où que c’est qu’il était né vu qu’il était menteur comme tout ceux de sa race » comme dit le poète.

Toute l’astuce  est dans la contextualisation d’un détail lié combiné à l’envie d’y croire. Du genre la fille bronzé en maillot rouge qui courre sur la plage au ralenti elle est forcément sauveteuse à Malibu surtout que j’aimerai bien qu’elle le soit… L’œil finit par voir ce que l’esprit veut.
C’est exactement ce qui se passe avec moi bien que je n’ai pas de maillot rouge.

Dans mes premières milonga cela m’a permit de vivre des histoires d’amour en accéléré, de celle qui vous permet de passer dans le regard d’une femme du coup de foudre à la rupture violente en moins de 30 secondes :

Étape 1 : Chic un argentin qui m’invite, super !
Étape 2 : Zut, un argentin qui ne sait pas danser…
Étape 3 : Argh ! En plus il n’est même pas argentin...

Certes avec la pratique le schéma s’est un peu modifié :

Étape 1 : Chic un argentin qui m’invite, super !
Étape 2 : Bon ça va à peu près, mais le niveau baisse en Argentine
Étape 3 : Dommage, il n’est pas argentin…

Si la seconde étape 2 s’est un peu atténuée, il m’arrive encore de lire une profonde déception dans les yeux de mes partenaires dès que je révèle ma nationalité (c’est très souvent le cas avec les touristes à Buenos Aires).
Déception malheureusement suivi d’effet : un désintéressement immédiat, total et irrémédiable…

A tel point que, sans pour autant mentir, j’en arrive à retarder le plus possible la découverte de ma véritable nationalité. D’ailleurs, y a pas de raison, la prochaine fois, j’essaie de faire l’argentin jusqu’au bout : « Chho me chhiamo Ramon ! », on verra bien ce que ça donne…

En attendant cette future expérience, j’étais à Buenos Aires, au Salon Canning pour être précis. Je m’étais installé en début de soirée à une table le long du mur pas très loin du bar. Assez rapidement plusieurs argentins (en tout cas ils leur ressemblaient… ;-) sont venus s’installer près de moi dont un que la serveuse a carrément installé à ma table, et nous commençons la conversation en espagnol en commentant l’ambiance de ce début de milonga.

Au bout d’une demi-heure la serveuse vient nous voir pour nous proposer de l’argent (50 pesos chacun si mes souvenirs sont bons) pour aller faire danser une tablée de touristes en visite dans la milonga. Visiblement l’une d’entre elles voulait offrir des tandas de taxi boy à ses amies pour leur faire goûter les joies du tango…

Ai-je fais fortune dans ce nouveau métier ? Et bien non, puisque j’ai décliné l’invitation au profit de mon compagnon de table qui est donc allé doubler son pécule.

Même si c’était très tentant je n’ai pas voulu « piquer » des professionnels locaux. Le type était très content et moi ça quand même permis d’être pendant une minute un taxi boy de Buenos Aires.

Allez, les filles, un petit effort… 50 pesos c’est pas cher à Paris pour un vrai taxi boy argentin !