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févr. 06, 2007

Como se cambìa la vidad

Et oui, les choses changent...

Ce qui est amusant quand on revient au meme endroit a intervales reguliers, c'est qu'on constate les changements doucement mais surement.

Je voudrais pas trop generaliser apres quelques milongas et pratiques mais j'ai quand meme la sensation de certaines evolutions a Buenos Aires par rapport aux annees precedentes.

Tout dabord le Tango Nuevo est beaucoup plus present, il n'y a quasiment pas un soir sans une pratique ou une milonga pur Tango Nuevo, et franchement c'est un vrai regal.
Des salles jeunes, avec un niveau de folie aussi bien en technique qu'en creativite, ca me donne vraiment l'impression que le tango nuevo passe d'un monde experimentale a la vrai vie et en grand, bref ca respire !

Bon, jusque la vous pourriez me dire que j'ai rate les bons endroits les annees precedentes et c'est probablement le cas, mais le fait que j'y sois aller aussi facilement cette annee demontre quand meme que c'est moins confidentiel qu'avant.

Par contre j'ai remarque une "diffusion" du Tango Nuevo dans les milongas classiques. Prenons le Salon Caning : il y a un an seul quelques couples de touristes se laissaient aller a quelques envolees nuevo, ils s'arretaient en general rapidement devant la sensation de decale pour ne part dire deplace de leur prestation.

Cette annee j'ai vu beaucoup plus de couples se laisser aller et pas specialement des touristes.

En fait c'est assez subtil, il y a toujours un ou deux couples qui dansent milonguero mais avec une expression, un rythme et de figures qui fleurtent clairement avec le Tango Nuevo. Ils dansent fermes, en gardant leur place dans le bal mais avec un style nuevo notamment dans quelques incursions sur le cote ferme, dans les oppositions et dans une musicalite plus energique. En fait j'ai l'impression qu'est en train de se creer un style "Tango Nuevo Salón" qui serait un adaptation implicite du Tango Nuevo aux contraintes du salon.

Ce qui est aussi interessant que cette evolution technique et stylistique c'est l'acceptation de ce style plus generalement. Pour tout dire j'ai vu un couple portegne danser de cette maniere a "El Beso", qui est pourtant un des temples du Milonguero a Buenos Aires (donc au monde ;-), sans declencher une desaprobation generale.

Cette diffusion se ressent aussi dans les modes vestimentaires et l'attitude globalement plus cool qu'on peut percevoir. Il y a trois ans je crois me souvenir que tous les danseurs de "El Beso" portait une chemise, un homme serait venu en tee-shirt n'aurait jamais pu inviter qui que ce soit... Et je suis sur que l'avis general aurait ete que cette recherche vestimentaire etait un signe de respect pour les cavalieres. Et bien aujourd'hui ce n'est plus le cas, le code vestimentaire a largement evolue. 

Je vous laisse conclure et developper : "Tout fout le camp ma bonne dame !" ou "Place aux jeunes !", c'est selon mais une chose est sûre le tango est "alive and kicking", pourvu que ca dure ;-)

févr. 04, 2007

5 secondes de doute

Bon, je vous rassure tout suite ca c'est bien passe a la Villa Malcom, c'est pas encore le grand lachage mais je commence a retrouver mes sensations. Au passage j'ai retouve Fraulen S., retrouvaille sur la piste... comme quoi le monde est petit.

Aujourd'hui je suis alle (entre autre) a un cours tout niveau a Tango Brujo, au hasard des changements de partenaire j'ai fini par me retrouver avec une totale debutante, c'etait son tout premier cours de tango. Faut dire que cours tout niveau ca peut aussi dire debutant. ca me derange pas particulierement, on a tous commence un jour.

C'etait un cours avec des mouvements tres simples mais un concept pas si simple : l'utilisation des rebonds dans la dynamique de mouvements.

Un des derniers exercices consistait a guider un rebond lateral en tout en dissociant un petit sangucho en contre-temps et promenade arriere, et la franchement avec la debutante pas moyen.

Je me tourne vers la prof histoire d'essayer avec elle au moins une fois puis de continuer a faire un pas plus simple avec ma debutante.
Au lieu de ca la prof appelle le prof qui me regarde faire une fois et me dit d'un ton hyper peremptoire : "Ce n'est pas une question d'energie, elle doit juste savoir ou elle doit aller pas la peine de la guider autant." et il se casse.
Bon, je reessaye mais la je commence plutot a essayer de lui faire sentir le rebond sans faire le mouvement, histoire d'y aller progressivement.

Voyant que je ne fais pas le bon mouvement le prof repasse et il me prend ma cavaliere pour me montrer...

Et la je dois dire qu'il y a eu 5 secondes particulierement delicieuses ou je l'ai vu se decomposer totalement, du genre "putain qu'est-ce qui m'arrive ? je sais plus danser !?" avant de comprendre qu'elle etait totalement debutante.

Apres ca il a mis dix ans de tango dans la balance mais malgre tous ses efforts, il me l'a rendu deux tangos plus tard sans etre parvenu a faire le mouvement. "C'est son premier cours" m'a-t-il dit, ca sonnait presque comme des excuses mais faut pas exagerer quand meme. 

T'inquiete pas mon gars, ta tete pendant ces 5 secondes de doute quasi metaphysique ca valait pas mal d'excuse ;-)

févr. 03, 2007

Les sangliers ont du manger quelque chose...

Ca fait quand meme du bien un peu d'ete en fevrier...

Arrivee a Buenos Aire par 35 degres, c'est un bon debut.

Par contre la reprise c'est moins brillant :

  • 2h30 de practica au studio DNI
  • 1h30 de cours a Tango Brujo

J'ai l'impression de ne plus savoir danser, eh oui patadura a Buenos Aires, il faut vraiment guider, se tenir droit... En plus ca fait presque deux mois que je ne danse plus tellement.

Aller, on garde le moral et on met ca sur le compte de la fatigue, de la chaleur, des chaussures, du kilo de bife de chorizo de ce midi, et surement des partenaires, apres tout !

Ce soir Villa Malcom, ca va chauffer.

Hardi petit la France te regarde, et si je reste sur le meme niveau je me fais passer pour une autre nationalite ;-)

janv. 28, 2007

Mi Buenos Aires Querido

Pas de post en décembre, pas de post en janvier... ca ressemble pas mal à un blog mort...?

Et pourtant non ! Bon les deux derniers mois ont été plutôt intenses professionnellement donc j'ai préféré passer le peu de temps restant à danser au lieu de blogger, d'où ce relatif silence.

La bonne nouvelle est arrivé par la poste :

medium_airplane.jpg

Et oui, dans moins d'une semaine je serai sur les pistes portègnes !

Que rico !

oct. 11, 2006

Comme si c’était la dernière fois...

Au printemps dernier, j’étais à Buenos Aires pendant le festival de tango de la ville.
C’était excellent, avec un public beaucoup plus authentique que pendant les festivals commerciaux qui regorgent surtout de touristes.

Le festival se clôture avec un bal en plein air qui a lieu en plein Buenos Aires dans l’avenue Diagonale qui part de l’Obélisque vers la Place de Mai.

Évidemment les orchestres et chanteurs invités sont de premier ordre. Pour la milonga c’est un joyeux bordel, des pistes s’improvisent au milieu de la foule et les gens dansent un peu partout.

Pour le coup c’est le mélange le plus total, des âges, des styles, des milieux sociaux… En clair ça brasse, avec cette sorte d’étincelle entre le tango et la foule portègne qui ne peut pas s’empêcher de danser.

Au milieu de cette foule j’ai vu arrivé un couple de petit vieux entourés de leur famille.
Franchement ils devaient avoir tous les deux au moins 80 ans. Ils paraissaient très vieux et très fragiles et chacun d’eux marchait avec une canne.

Et tout d’un coup, comme par magie, ils sont mis à danser.

Le monsieur a pris leur deux cannes dans sa main gauche qui enserrait aussi la main de sa femme et, bien appuyés l’un sur l’autre en pur style milonguero, ils ont dansé comme s’ils avaient retrouvé leur vingt ans. 

medium_petitefille.jpgC’était un bien petit couple perdu dans toute cette foule…

Ca m’a fait l’effet d’un de ces petits détails émouvants glissés par un peintre dans un immense tableau, un peu comme la petite fille lumineuse dans La Ronde de Nuit.

Il m’est aussi venu à l’esprit que vu leur âge et leur état de santé, il y avait beaucoup de chance pour qu’on ne les voit pas danser au prochain festival, comme ça dans la rue.

En fait, c’était même fort possible que se soit la dernière fois qu’ils dansaient ainsi tous les deux.

Et ça m’a fait réfléchir sur le fait que je ne vivais pas assez intensément les choses, ou du moins pas toujours avec l’intensité qu’elles mériteraient. 

Après tout, nous non plus on ne sait pas si ce n’est pas la dernière fois...

Après ça je me suis mis à étudier de plus près cette intensité de l’instant vécu au moins dans le tango.

Depuis, ce que je fais quand je trouve que je danse trop médiocrement ou que j’ai vraiment envie de transmettre mon émotion à ma partenaire, je me mets dans une posture mentale où je danse comme si c’était la dernière fois en essayant de vivre le plus pleinement possible chaque mesure, chaque pas et chaque contact de l’enlacement.

Et je laisse derrière moi toute les frustrations, les peurs, les mesquineries… un peu comme le nageur qui nage vers la bouée en oubliant qu’il doit garder des forces pour revenir.

De l’extérieur, c’est pas du tout spectaculaire ou même perceptible, mais de l’intérieur je ressens qu’il se passe quelque chose de beaucoup plus fort avec mes partenaires.

Comme si c’était la dernière fois… Ca vaut le coup d’essayer de temps en temps, non ?