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nov. 20, 2006

Les danseurs de tango meurent aussi

En juin 2005 Carlos Gavito est mort.

Ne vous attendez pas à trouver ici un article nécrologique ou une longue biographie car en fait je ne l’ai jamais rencontré comme danseur, professeur ou artiste.

Cependant son nom ne m’était pas inconnu, de fait « El Gavito » était une véritable figure du tango, il était très célèbre.
Pour ce que j’en ai lu, il était un des piliers et gardiens du style milonguero, un danseur de la vieille garde, tellement connu que ses cours particuliers étaient presque aussi courus que ceux Pablo Veron.

Toujours est-il que ce vieux monsieur est mort au moment du festival d’été de Mephisto Tango à Paris.

Ce fût l’occasion d’un hommage que j’ai trouvé particulièrement poétique et émouvant.

Le DJ a interrompu le bal pour annoncer son décès puis a demandé aux danseurs de quitter la piste et d’écouter en silence un morceau à la mémoire de Gavito.

Il y avait cette grande piste vide avec seulement la musique et le public autour, exactement comme lors d’une exhibition de maestro… 

Franchement c’était comme s’il avait été présent sur la piste pour un dernier tango. Sans le connaître je pouvais me l’imaginer dans cette dernière tanda, glissant sur la musique dans la solitude de cette piste désertée.

Cette sensation, d’autres s’en souviennent sûrement, j’avais trouvé ça très émouvant, un peu comme si l’âme des danseurs disparus restait avec nous sur la piste.

Je ne serais certainement jamais un grand danseur, mais quand viendra le jour je crois que j’aimerais bien avoir la piste pour moi une dernière fois…

Commentaires

Point n'est besoin d'attendre une funeste occasion pour avoir la piste "pour soi". On a la piste "pour soi" quand on veut, "pour soi" et avec les autres, cela va sans dire! et de temps en temps quand les autres le veulent: à l'occasion d'un anniversaire, d'une noce d'or, d'un mariage ou de quelqu'autre agape du genre, ce qui est mieux!

Je me souviens d'une video montrant Pepito Avellaneda faisant une démo à l'occasion d'un anniversaire, ou bien de Alfredo Castillo à une "cena" d'amis à City Bell, dans la banlieue de La Plata, la dernière fois qu'il chantait d'ailleurs, c'était en '97 ou '98 ...

Écrit par : LYV | nov. 21, 2006

De mémoire, voici le discours introductif de Gavito lors de son cours du CITA 2004, pour les débutants. C'était à Porteno y Bailarin. Il nous avait tous fait asseoir et il était donc seul sur la piste.

"I will not teach you steps and steps and steps. You have many teachers here who will take care of that. I will teach you tango (...)
Nobody here in this class, nobody, is that young any more. Far away is the time of your youth, when, looking above your head, you could see a rising sun and a blue sky. Next time you looked, the sun had already declined, and some dark, frightening shadows were there; and by now, at your age, you're even afraid of looking up, because you know the night will come soon, you know that the end of your life, the only one life you had, is near. And you think of all these things that you wanted to get, and did never get, and will never get. All this things you wanted to do, and did never do, and will never do. You think of all the painful losses you've suffered, all the dear friends you lost.
All this, is what you have to put in your tango (...)"

Écrit par : pascal | nov. 22, 2006

@LYV : Je te rassure, je ne suis pas du tout pressé d'avoir cette dernière tanda. Et en attendant je compte bien partagée la piste avec le plus de mon possible et le plus longtemps possible.

@Pascal/Pablo : Merci pour cette éclairage sur Gavito, en fait je n'avais pas réussi à retrouver le liens vers un de tes articles sur ton cours avec lui, c'est chose faite !

Écrit par : patadura | nov. 24, 2006

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