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aoû 29, 2006

Dites moi vous !

Quelqu'un a dit (et ça ne doit pas être Woody Allen) : Le secret pour séduire c'est de traiter les dames comme des filles et les filles comme des dames.

Voici donc l'application de ce principe par Jean Gabin dans Pépé Le Moko, une scène de séduction et de danse anthologique :

Quelques répliques mythiques au passage... ils n'avaient peur de rien dans les dialogues de l'époque ! 

Mes dames, attendez la fin du clip pour comprendre le titre de la note et une réplique comme on aimerait en entendre plus souvent.

P.S. En version un peu plus longue et de meilleure qualité au format windows wmv, cliquer ici. Pour tout voir, faites comme moi achetez-le.

aoû 27, 2006

Milongas in Paris

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Here is the list of the Milongas in Paris for some of them you may find a detailled card. 

Work in progress ...

 

 

 

Milongas à Paris

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Voici la liste des milongas sur Paris, pour certaines d'entre elles il existe un fiche détaillée. 

En constuction ...

 

 

 

aoû 23, 2006

Ma vie de taxi boy

Ma ressemblance avec un argentin fait partie des drames de ma vie.

D’accord, c’est relatif comme drame, après tout à quoi ça peut bien ressembler un argentin ?

D’autant qu’avant de ressembler à un argentin j’avais déjà été un mexicain basané (souvenir de music-hall de la cuisinière de ma grand-mère), turc, russe, breton, cubain et dernièrement un bandit calabrais (coquine va !).

Autrement dit : « On n’a jamais bien su d’où que c’est qu’il était né vu qu’il était menteur comme tout ceux de sa race » comme dit le poète.

Toute l’astuce  est dans la contextualisation d’un détail lié combiné à l’envie d’y croire. Du genre la fille bronzé en maillot rouge qui courre sur la plage au ralenti elle est forcément sauveteuse à Malibu surtout que j’aimerai bien qu’elle le soit… L’œil finit par voir ce que l’esprit veut.
C’est exactement ce qui se passe avec moi bien que je n’ai pas de maillot rouge.

Dans mes premières milonga cela m’a permit de vivre des histoires d’amour en accéléré, de celle qui vous permet de passer dans le regard d’une femme du coup de foudre à la rupture violente en moins de 30 secondes :

Étape 1 : Chic un argentin qui m’invite, super !
Étape 2 : Zut, un argentin qui ne sait pas danser…
Étape 3 : Argh ! En plus il n’est même pas argentin...

Certes avec la pratique le schéma s’est un peu modifié :

Étape 1 : Chic un argentin qui m’invite, super !
Étape 2 : Bon ça va à peu près, mais le niveau baisse en Argentine
Étape 3 : Dommage, il n’est pas argentin…

Si la seconde étape 2 s’est un peu atténuée, il m’arrive encore de lire une profonde déception dans les yeux de mes partenaires dès que je révèle ma nationalité (c’est très souvent le cas avec les touristes à Buenos Aires).
Déception malheureusement suivi d’effet : un désintéressement immédiat, total et irrémédiable…

A tel point que, sans pour autant mentir, j’en arrive à retarder le plus possible la découverte de ma véritable nationalité. D’ailleurs, y a pas de raison, la prochaine fois, j’essaie de faire l’argentin jusqu’au bout : « Chho me chhiamo Ramon ! », on verra bien ce que ça donne…

En attendant cette future expérience, j’étais à Buenos Aires, au Salon Canning pour être précis. Je m’étais installé en début de soirée à une table le long du mur pas très loin du bar. Assez rapidement plusieurs argentins (en tout cas ils leur ressemblaient… ;-) sont venus s’installer près de moi dont un que la serveuse a carrément installé à ma table, et nous commençons la conversation en espagnol en commentant l’ambiance de ce début de milonga.

Au bout d’une demi-heure la serveuse vient nous voir pour nous proposer de l’argent (50 pesos chacun si mes souvenirs sont bons) pour aller faire danser une tablée de touristes en visite dans la milonga. Visiblement l’une d’entre elles voulait offrir des tandas de taxi boy à ses amies pour leur faire goûter les joies du tango…

Ai-je fais fortune dans ce nouveau métier ? Et bien non, puisque j’ai décliné l’invitation au profit de mon compagnon de table qui est donc allé doubler son pécule.

Même si c’était très tentant je n’ai pas voulu « piquer » des professionnels locaux. Le type était très content et moi ça quand même permis d’être pendant une minute un taxi boy de Buenos Aires.

Allez, les filles, un petit effort… 50 pesos c’est pas cher à Paris pour un vrai taxi boy argentin !

aoû 16, 2006

Milonga Rules of Engagement / Code Pratique

Le "code" implicite d'invitation est comme l'enlacement, il ne se limite pas l'invitation proprement dite mais régit le couple depuis sa réunion jusqu'à sa séparation dans le bal.

Explication préliminaire :
Il faut savoir que comme toutes les milongas, le bal est organisé à Paris par série de morceaux qu’on appelle tandas avec des coupures qu’on appelle cortinas.
Cela date de l’époque où la musique était jouée exclusivement par des orchestres qui exécutaient une série de morceaux avant de faire une pause marquée par la fermeture du rideau (cortina en espagnol).
Aujourd’hui pour marquer la cortina le DJ joue un morceau qui n’a rien avoir avec du tango par exemple du rock, du jazz…
A Paris les tandas comportent généralement 4 à 5 morceaux, avec une fréquence de 2 tandas de tango, 1 tanda de valse, 2 tandas de tango, une tanda de milonga, etc...

Voici les codes d’invitation de la milonga tels que j’ai pu les constater à Paris :

L'invitation :

Le bon moment pour inviter est généralement le début de la tanda mais à Paris les invitations ont lieu indifféremment tout le long du bal y compris pendant les morceaux.
Contrairement à Buenos Aires, les invitations ne se font pas avec le regard, l'homme se rapproche et va inviter verbalement une partenaire, il n’y a pas de formule toute faite.
Cela m’est quand même arrivé de faire quelques invitations avec un simple échange de regard mais mieux vaut ne pas compter dessus à Paris.
Seuls les hommes ont l’initiative de l’invitation, les femmes n'invitent pas mais c'est normal de refuser, en règle générale c'est plutôt poli et cordial.


Pendant la danse :

A Paris on parle assez peu entre les morceaux et pas du tout pendant, le bal démarre rapidement à chaque tango.

L’homme propose l’enlacement c’est la femme qui le choisit. Sachant qu’à Paris les styles d’enlacement ouverts et fermés coexistent les cavaliers ne doivent pas imposer un style fermé à une danseuse qui ne le désire pas.

Si le couple se cogne aux autres, c’est au cavalier de s’excuser. Ce qui faut savoir c’est que Paris ne brille pas par l’harmonie de ses bals, les différences de style et l’individualisme français font qu’il y a rarement un unisson, il ne faut donc pas se formaliser.

Le minimum de politesse est de danser au moins 2 tangos avec de dire « merci et au revoir », une tanda complète est plus correcte. Par contre il n'y a pas de limite formelle à l'exercice.  Le fait d'accepter de danser plusieures tandas de suite n'a pas de signification en tant que telle (A Buenos Aires elle marque clairement un intérêt extra-danse).
En général, je danse facilement trois tandas avec une partenaire.

Quoiqu’il en soit si le partenaire est grossier ou franchement désagréable il ne faut pas hésiter à couper court instantanément. Le tango n’est pas une raison pour supporter les gens odieux, bien au contraire.


La fin de la danse :

Le couple se quitte en se disant merci, le cavalier ne raccompagne pas forcément la cavalière à sa place.
La plupart des gens qui vont danser une autre tanda ne quittent pas la piste pendant les cortinas mais très peu de gens la dansent.
En ce qui me concerne, le bal n’est ni une pratique ni un cours donc je ne me permets aucun conseil ou remarque. Par contre quand on a passé un beau moment ensemble, ça fait plaisir de le dire et de l’entendre... 

Voilà pour la théorie appliquée aux milongas parisiennes.

Pour la pratique je vais vous livrer quelques éléments de pathologie psychologie masculine (la mienne en l’occurrence) qui préside tortueusement à l’invitation.

Quoi qu’en dise certains, je ne suis pas particulièrement suicidaire et être rejeté en public même poliment n’est pas particulièrement agréable. De plus un refus vous condamne généralement le public féminin proche (personne n’a envie d’être le deuxième choix…).

N’étant ni un Apollon, ni Pablo Veron mon problème consiste donc à mettre un maximum de chances de mon côté. Voici donc ce que mon expérience m’a appris :

Éviter le refus : 

  • Danser avec des partenaires que l’on connaît déjà : En fait c’est la tactique la plus simple et elle est copieusement utilisée à Paris où beaucoup de gens viennent en couple et, comme on retrouve souvent les gens qu'on connaît en cours, c'est assez facile de danser toute la soirée sans avoir à inviter quelqu'un qu'on ne connaît pas.
    Ce qui fait que Paris est parfois difficile pour une femme seule…
    J’ai déjà eu plusieurs leçons sur ma timidité par des danseurs qui ne dansent qu’en couple, trop fort… !
  • S’assurer des prédispositions de la danseuse : Si c’est quelqu’un que je n’ai pas encore vu danser, je vérifie les chaussures et j’essaie de voir dans son attitude si elle est a envie de danser, posture ouverte, elle regarde la piste ou l’assistance, elle est détendue, avenante… 
  • Éviter les situations d’échec certain :
    La danseuse est clairement avec un partenaire exclusif,
    La danseuse est dans une situation où l’invitation serait embarrassante, à savoir : elle est en pleine discussion, elle vient d’allumer une cigarette…
    Enfin je n’invite jamais une inconnue que je viens de voir refuser quelqu’un dans un contexte normal (et oui, c’est souvent la conséquence d’un refus visible), par contre je le fais des fois plus tard dans le bal.
     

Minimiser l’impact du refus :

J’essaie de me rapprocher de la danseuse avant de l’inviter, de manière à rendre un refus plus discret aussi bien pour moi que pour la danseuse.
Mesdames, vous n’imaginez pas l’effort que fait un homme quand il doit traverser la moitié du bal pour venir inviter publiquement une parfaite inconnue. C’est pour cela que si vous voulez danser il vaut mieux vous placer sur un point de passage du bal.


Gérer l’enjeu de la prise de risque :

A partir du moment où l’invitation est délicate, j’essaie de profiter au maximum de la danse. Ce qui se traduit, entre autres, par le choix du moment de l’invitation, si possible en début de tanda ce qui assure de danser au moins une tanda. Je n’invite quasiment jamais sur le dernier morceau d’une tanda.


Évidemment tout ça peut paraître un peu calculateur, mais ça explique pas mal de comportements masculins. N’oubliez pas que c’est pour inviter une parfaite inconnue sous le regard d’un vaste public en essayant de rendre l’expérience la plus agréable pour chacun.

Moi, ça me demande pas mal d’effort sur moi-même mais le jeu en vaut la chandelle.

aoû 11, 2006

Le Code, la BOMBARDE et l'Italienne

Ca y est, c’est la reprise !

Après plusieurs semaines de vacances où mon activité chorégraphique s’est limitée à la tentative, fructueuse certes, mais brouillon de mélanger disco et sacadas histoire de redonner un sens au fameux  « rentre-dedans » du Saturday Night.

Me voici donc de retour sur les pistes parisiennes post-caniculaire, avec un petit tour hier soir sur Les Quais.
Et là, mauvaise surprise, le bal de danse celtique et son ORCHESTRE s’était installé trop près de la milonga.

C’est très joli les danses celtiques mais c’est extrêmement BRUYANT…
Déjà en termes de volume sonore, pour tout dire lors de la retransmission du Festival Inter-Celtique de Lorient j’ai remarqué que les musiciens avaient des bouchons d’oreille.
Ensuite la présence sonore des instruments comme la BOMBARDE est digne de stentor, pas la peine d’écouter on n’entend plus que ça...

La première partie de la soirée a donc été gâchée, pour ma part, par l’omniprésence de la BOMBARDE au milieu des tangos,  pas évident de se laisser aller sur un bon vieux « Despues » de Libertad Lamarque quand on a l’impression d'être poursuivi par un régiment d’écossais…

Forte heureusement un orchestre se fatigue toujours plus vite qu’un phonographe, et la milonga pu retrouver sa sérénité à la fin de la soirée.

Blague à part, si c’est comme ça tout les soirs ça va être pénible pour le reste de l’été… Messieurs les organisateurs un petit effort, l’esplanade juste après le pont serait parfaite sans pour autant ostraciser nos collègues celtiques.

Ceci dit, pour danser j’aime beaucoup les quais, ça me rappelle combien Paris est foncièrement romantique ce que j’ai tendance à oublier dans le métro aux heures de pointe...  

Mon seul problème avec les quais c’est que je ne m’y retrouve pas avec les invitations (le côté patadura sans doute).
En effet, comme il y a beaucoup de touristes et de curieux, les codes classiques d’invitation du bal sont impossible à suivre, pas facile de savoir qui vient pour danser.
Et malgré mes vérifications (sur les chaussures par exemple) je me méprends souvent sur  les danseuses que je ne connais pas.

De plus, vu la configuration, c’est quasiment impossible d’inviter par le regard, on est presque toujours obliger d’allé demander avec des chances de tomber sur quelqu’un qui n’est pas venu danser ce qui est toujours embarrassant comme je suis un peu timide.
Comme j’aime bien inviter les danseuses que je ne connais pas ça me rend la tâche un peu compliquée.

Cependant ce côté informel a sa contrepartie puisque la profusion de danseurs et de danseuses de passage est l’occasion de belles rencontres.

Hier soir, mes tribulations sonores et réglementaires furent finalement récompensées par de belles tandas partagées avec une charmante italienne.

aoû 10, 2006

Aujourd'hui le tango m'a sauvé la vie

Il y a des moments où le tango agit comme un véritable concentré métaphysique, où le drame de la vie se résume en quelques minutes de musique, de poésie et d'enlacement.

D'une manière ou d'une autre l'intensité de ces moments est celle qu'on découvre puis qu'on recherche quand on s'adonne au tango.

Je voulais commencer ce blog avec une petite histoire qui a été un des premiers moments où j'ai ressenti fortuitement cette intensité. 

C'était il y a quelques années lors d'un voyage à Cuba. A l'époque je n'avais pas encore commencé à danser mais j'écoutais beaucoup de tango.
Toujours est-il que Cuba est un très mauvais endroit pour le tango, les cubains sont fous de Salsa mais côté tango nada, tout au plus jouent-ils les thèmes connus sous forme de boléros... Donc après trois semaines de sevrage musical j'étais un peu en manque de ma musique préférée.

Ce jour là, je visitais les anciens palaces anglais de La Havane et, un peu fatigué des habituels mojos y cristianos (riz et haricots rouges) de la cuisine cubaine, j'avais décidé de me traiter princièrement au restaurant d'un des dits palaces.
Salle de restaurant somptueuse, carte et service à l'avenant, tout s'annonçait pour le mieux d'autant que j'étais quasiment le seul client.

Après mon premier mojito, une vieille dame noire est venue s'installer au piano pour jouer, elle a attaqué une série de boléros et de standards bien en phase avec la décontraction qui me gagnait.

Après mon deuxième mojito, je suis allé lui donner un pourboire, et je lui ai demandé si par hasard elle ne connaissait pas de tango.
Como No ! S'est-elle exclamée et la voilà partie pour une série de tangos, principalement les classiques de Gardel.

Franchement je me suis régalé, elle a du me jouer trois quart d'heure de tangos. Le mélange de l'alcool, de l'ambiance nostalgique du palace et de la musique ont contribué à ce que je passe excellent moment et, entre chaque mojito, je retournais donner un généreux pourboire à la musicienne. 

Au bout d'une heure et d'une dizaine de dollars elle s'est arrêtée de jouer et elle s'est dirigée vers moi.

Elle paraissait très bouleversée et, avec les larmes aux yeux, elle m'a demandé si je parlais espagnol, là j'ai eu peur d'avoir fait une bourde ou quelque chose comme ça vu mon relatif état d'ébriété.
Je lui ai répondu par l'affirmative et elle m'a dit alors qu'elle me remerciait du fond du coeur puisque qu'avec les pourboires que je venais de lui donner je venais de sauver son travail (sic).
Puis elle est repartie vers son piano me laissant complètement interloqué. Elle a récupéré les pourboires et a disparu. Je pense qu'elle est allée payer au directeur du restaurant le petit pot de vin nécessaire à son maintien à ce poste.

Comme c'était la saison basse, et vu la faible fréquentation il est probable que cela faisait plusieurs jours qu'elle n'avait eu aucun pourboire et qu'elle était donc sur le point d'être virée du piano bar. Pour un cubain âgé et certainement à la retraite être privé d'un revenu en dollar c'est dramatique.

L'intensité avec laquelle elle m'a remercié m'a vraiment donné l'impression que je lui avais sauvé la vie plutôt que son travail. Quoiqu'il en soit ce n'est pas moi, mais le tango qui lui a sauvé la vie...

En tout cas merci Gardel pour ces moments là.

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